Interview de LeBron James

lebron jamesControversé depuis qu’il a abandonné Cleveland pour tenter enfin de remporter un titre NBA avec le Heat de Miami, LeBron James, King James comme on le surnomme, affiche pourtant toujours sa trentaine de points en moyenne par match et s’apprête à participer au prochain All-Star Game le 20 février. Retour sur le parcours impressionnant d’une vraie star des parquets.

Lorsque vous avez commencé à jouer au basket, est-ce que vous saviez que vous étiez doué pour ça ?
LeBron James : Pas du tout ! Au départ, je voulais faire au football (américain, ndlr). La première fois que j’ai rencontré Dru Joyce, mon coach au lycée, je n’avais que neuf ans et je n’avais jamais joué au basket. Et puis j’ai commencé à pratiquer les deux sports, mais j’étais plus doué pour le foot. En plus, comme la saison commence avant celle du basket aux Etats-Unis, je me suis d’abord inscrit dans un club de foot.

Vous avez bien fait, puisque vous avez été recruté par la NBA – “drafté” comme on dit – à l’âge de 18 ans seulement. C’est très jeune. Avez-vous ressenti une certaine appréhension à l’époque ?
Non, car je n’ai jamais été effrayé par un challenge, ni par un joueur. C’était pour moi une opportunité immense d’atteindre un autre niveau. Mais j’ai dû remodeler entièrement ce que j’étais. Quand on passe directement du lycée à la NBA en sautant l’université, on doit repartir entièrement de zéro. Je suis donc entré en NBA avec beaucoup d’humilité, tout en sachant au fond de moi que j’avais du talent et les moyens d’atteindre un certain niveau. J’ai donc travaillé dur en faisant du mieux que je pouvais pour devenir le joueur que je suis aujourd’hui.

Vous vous souvenez de votre premier match en NBA ?
Oui, c’était contre les Sacramento Kings. C’était dingue ! Il y avait une foule de médias autour de moi, mais ça ne m’a pas dérangé. Au contraire, ça m’a excité, car c’était quelque chose dont j’avais toujours rêvé. J’étais prêt physiquement et mentalement, parce que j’attendais ce moment depuis toujours. Ce moment où, gamin, je me suis dit que j’allais porter le maillot au numéro 23 avec le nom de “James” inscrit à la place de celui de “Jordan”, que j’allais avoir des chaussures à mon nom, et que j’allais jouer devant des milliers de personnes en… NBA ! C’était un rêve de gosse.

Justement, avant de décider de porter le numéro 6 au Miami Heat, pourquoi avez-vous choisi le numéro 23 ?
Parce que c’était le numéro de Jordan ! Michael Jordan est le meilleur joueur de basket-ball que cette Terre ait jamais connu. Il a donné envie à des tas de joueurs, dont moi, de marcher sur ses traces. C’est grâce à lui qu’aujourd’hui on a des joueurs comme Kobe Bryant, Dwyane Wade ou Kevin Garnett. Tous ces grands joueurs sont là parce que Michael Jordan a ouvert la voie, et ce pour tout le monde. Que tu fasses 1,75 m ou 2,10 m, tu veux shooter comme lui, voler comme lui, gagner des matchs comme lui.

Vous avez été élu “MVP”, meilleur joueur de la saison régulière, en 2009 et 2010. Qu’avez-vous ressenti la première fois ?
Je me suis dit : « Waow ! » Et j’ai commencé à me rappeler tous ceux qui avaient obtenu ce titre : Michael Jordan, Larry Bird, Kareem Abdul-Jabbar… Faire partie de ce groupe m’a rendu extrêmement fier, mais j’ai pris ça de façon très humble. Je me suis dit que le travail finissait toujours par payer. Vous avez aussi été le premier joueur de 18 ans à marquer trente points en NBA ! C’est toujours quelque chose de particulier que de pouvoir inscrire son nom dans le livre des records. Vous entrez alors dans la cour des grands. Je remercie Dieu de m’avoir donné des aptitudes particulières.

Que pensez-vous finalement de tous vos records ?
Les records ? Les records sont faits pour être battus, et je compte bien en pulvériser encore beaucoup d’autres !

Quel est votre meilleur souvenir avec l’équipe des Etats-Unis, dans laquelle vous avez évolué de 2004 à 2008 ?
Certainement la médaille d’or aux JO de Pékin en 2008. C’était un moment incroyable pour moi et sans doute pour tous les Américains. J’espère que nous ferons aussi bien à Londres en 2012.

Est-ce que vous échangeriez ce titre NBA que vous n’avez encore jamais remporté contre l’aventure formidable que vous avez vécue en faisant gagner votre équipe de lycée, comme on le voit dans le documentaire “More than a Game” ?
Jamais ! Le basket-ball existera encore après moi. Des titres NBA seront toujours en jeu et de grands joueurs les gagneront. Mais l’amitié née à cette époque a été tellement particulière… La preuve, c’est que ces gens sont toujours autour de moi aujourd’hui. Le basket, ça n’a finalement que peu d’importance comparé à la famille et à l’amitié. Mais je suis sûr que vous connaissiez la réponse avant de poser la question, ou alors c’était juste pour me faire parler. (rires)

Tony Parker joue aux Etats-Unis. Ça vous tenterait de faire l’inverse et de venir jouer en Europe ?
Non, pas pour l’instant, même si j’ai envisagé de jouer en Italie lorsque j’étais au lycée. J’aime la NBA, y évoluer a toujours été mon rêve, et c’est là que se trouvent les meilleurs joueurs du monde.

“More than a Game, l’histoire vraie de LeBron James” de Kristopher Belman. Documentaire disponible en DVD (19,99 €).
All-Star Game, match réunissant les meilleurs joueurs NBA, diffusé sur Canal+ dans la nuit du 20 au 21 février.

La bio de LeBron James
1984 : Naissance le 30 décembre à Akron (Ohio).
2003 : “Draft” par les Cleveland Cavaliers et signature d’un contrat de 90 millions de dollars sur sept ans avec Nike.
2004 : Médaille de bronze aux Jeux olympiques d’Athènes.
2006 : Médaille de bronze aux Championnats du monde.
2007 : Finale NBA contre les San Antonio Spurs.
2008 : Médaille d’or aux Jeux olympiquesde Pékin.
2010 : Arrivée au Miami Heat.

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