Harlem Globetrotters à Bercy

Les Harlem Globetrotters débarquent cette semaine à Bercy. L’occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, de découvrir des basketteurs hors-norme, artistes du tir, du dribble ou du dunk, qui transforment le sport en spectacle, tout en faisant perdurer une tradition vieille de 86 ans.

Connaissez-vous les Harlem Globetrotters ? Ceux qui étaient enfants dans les années 70, en tout cas, savent, pour avoir suivi leurs aventures dans un dessin animé siglé Hanna Barbera (comme Heckel et Jeckel, par exemple), que ce sont des héros. Des héros qui ont pour le coup vraiment existé et restent bien présents aujourd’hui, puisqu’ils continuent de survolter les salles en évoluant dans le monde entier. A l’origine, cette équipe de basket authentique est née en 1926, non pas à New York, comme son nom le laisserait présumer, mais à Chicago. Reste que l’estampille Harlem est alors la meilleure pour signifier que l’équipe réunit des joueurs noirs qui ne sont alors pas encore autorisés à jouer dans les ligues majeures des Etats-Unis. D’emblée, l’idée s’avère bonne, puisque les Globetrotters – pas encore voyageurs au demeurant – deviennent vite la meilleure team du pays. A la fin des années 40, on les retrouve d’ailleurs vainqueurs des Lakers (à l’origine, installés à Minneapolis), l’une des plus prestigieuses équipes de la fraîchement créée NBA. Forte de son succès, elle commence à s’illustrer par ses facéties : le show vient de commencer. En 1950, cependant, l’arrivée du premier joueur noir en NBA change la donne. Tous, peu à peu, cèdent aux sirènes du championnat professionnel, menaçant ainsi l’existence même des Globetrotters. Mais c’est leur capacité à livrer un spectacle de haut vol émaillé de gags et de joyeuses pitreries qui va leur permettre de perdurer.

Là, malgré tout, les “entertainers” continuent de déplacer les foules. Quoique un brin décimés, lorsqu’ils sont programmés en première partie de sérieux matchs NBA, ils remplissent les salles davantage que ne le font les sérieuses équipes officielles, qui voient à leur entrée, les gradins se vider. Un succès surprenant, qui, au fil des décennies, ne s’est jamais démenti, puisque même si aujourd’hui la NBA est devenue ce que l’on sait, les Globetrotters sont toujours plébiscités. C’est que même s’ils sont de vrais showmen, ces sportifs sont aussi des joueurs talentueux, issus du championnat universitaire, anciens de la NBA ou même en passe d’y entrer, comme le fut le grand Wilt Chamberlain qui, avant de devenir un star des Lakers, y passa toute une saison. Désormais, donc, de par le monde, toutes les dates de l’équipe font carton plein. Le spectacle, loin d’être dépassé, offre un vrai moment d’éblouissement à un public familial prompt à huer l’équipe adverse, à prendre l’arbitre à partie ou à encourager la mascotte de l’équipe, pleine de la mauvaise foi que requiert l’instant. Les matchs ne sont donc pas réservés à un public de connaisseurs, mais voués à séduire le plus grand nombre. George Eddy, qui depuis de longues années commente les matchs de la NBA sur Canal+, a ainsi vu naître sa passion pour le basket en admirant les prouesses des Harlem Globetrotters. Mais qu’une vocation en naisse ou non, une chose est sûre, le spectacle vaut réellement la peine d’être vu.

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