Le Tenniseum le musée du tennis

A Roland-Garros, l’endroit qui monte est le “Tenniseum”. “The place to be”, comme on dit. C’est juste à gauche, en entrant du côté de l’avenue Gordon-Bennett. Vous prenez un escalier, vous descendez, passez devant une vitrine de vieilles raquettes en bois, et atteignez une superbe salle. Depuis des années, des expositions s’y déroulent, avec cette volonté de transformer le prestigieux stade en lieu de culture. En 2009, s’est tenue Bulles et balles, une revue des bandes dessinées consacrées au jeu. On a pu ensuite admirer les sensuels portraits de Venus Williams réalisés par le photographe Koto Bolofo. « Nous souhaitons partager la culture et la valeur », explique le nouveau directeur de la communication et du marketing, Edouard- Vincent Caloni. « Quand j’ai été nommé il y a un an et demi, la Fédération m’a dit : “N’oublie pas que cet endroit vit toute l’année, et on compte sur toi.” » Il a rénové la salle, fait disparaître son côté figé pour créer un espace modulable, au gré des événements. Il a installé un bar, et accueilli plusieurs trios de jazz cet hiver (et bientôt Eddy Louiss, le 3 juin). Le jazz, parlons-en ! A partir du 22 mai, des dizaines de tableaux magnifiques attendent les spectateurs, sur les murs blancs du musée : l’oeuvre du grand artiste qu’était Jean-Pierre Leloir, décédé en 2010. Vous pourrez admirer de marmoréens portraits de Chet Baker, du pianiste Thelonious Monk, dans la nuit, où brille le reflet de ses lunettes, de Louis Armstrong et de Duke Ellington en grande conversation – comme des visions fulgurantes tirées de polars des années 1950 et 1960, avec scènes de nuit et de pluie, regards furtifs. Leloir ne connaissait rien à la petite balle jaune, c’est ce qui est écrit sur le panneau d’entrée. Peu importe. Le jazz et le tennis possèdent bien des points communs. Le temps du passage d’un musicien sur scène ne s’appelle-t-il pas le “set”, comme les manches au tennis ? On rappelle aussi qu’en 2004, le batteur Daniel Humair, peintre à ses heures, a réalisé l’affiche de Roland-Garros. Ces deux “arts du siècle” s’aiment donc, même s’ils n’osent pas se l’avouer. « Ils ont suivi un chemin parallèle », ajoute Caloni, « atteignant leur maturité créatrice vers 1935 ou 1936. » Il rappelle que d’anciens champions comme Pierre Barthes et Pierre Darmon appréciaient le jazz. C’était leur jeunesse. Ces joueurs-là joignaient le “geste blanc” (parfait) à la mythique “note bleue”. Une quête amoureuse du beau jeu.

One response to “Le Tenniseum le musée du tennis”

  1. cours tennis says:

    moi pour me défouler je joue au tennis et vous ?

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